Qu’est-ce que VBScript et pourquoi une PME en entendrait parler en 2026
VBScript est un langage créé par Microsoft dans les années 90, dérivé de Visual Basic, conçu pour automatiser des tâches simples sous Windows : renommer des fichiers en masse, envoyer un mail automatique depuis Outlook, remplir un tableau Excel à partir d’une base de données, ou encore lancer une série de programmes au démarrage d’un poste. Techniquement, c’est un langage interprété — le fichier .vbs est lu et exécuté ligne par ligne par Windows Script Host, sans compilation préalable.
Le problème, c’est que Microsoft a officiellement annoncé la dépréciation de VBScript depuis plusieurs années, avec un retrait progressif prévu sur les versions récentes de Windows. Chez un client de Saint-Malo, une TPE de neuf salariés dans la logistique, j’ai découvert en 2025 que toute leur chaîne de traitement de commandes reposait sur quatre scripts VBS écrits en 2011 par un stagiaire parti depuis longtemps. Le jour où Windows Update a désactivé l’exécution automatique des macros liées, ils ont perdu une journée et demie de traitement de commandes — coût estimé : 2 800 euros en heures de personnel mobilisées pour tout refaire à la main, plus la gêne client.
Alors la question à se poser franchement : votre entreprise a-t-elle vraiment besoin d’apprendre ou de maintenir du VBScript aujourd’hui, ou est-ce un outil que vous traînez par habitude parce que « ça a toujours marché comme ça » ?
Les cas d’usage réels où VBScript a encore un sens pour une TPE
Je ne vais pas vous dire que VBScript est mort et enterré — ce serait mentir, et ce n’est pas mon genre. Il reste pertinent dans des contextes précis, généralement quand vous avez déjà un existant qui tourne dessus et que la migration coûterait plus cher que le maintien.
Cas concret numéro un : chez un cabinet comptable de douze personnes à Rennes, un script VBS de douze lignes automatise l’export mensuel de fichiers PDF vers un dossier réseau partagé, avec renommage automatique par date. Coût de développement à l’époque : environ 200 euros de prestation ponctuelle, zéro euro de maintenance depuis quatre ans. Ça, c’est du VBScript bien utilisé — une tâche répétitive, sans enjeu critique, sur un périmètre fermé.
Cas concret numéro deux, à l’opposé : une entreprise de menuiserie de dix-huit salariés avait fait développer par une agence externe un système complet de gestion de devis en VBScript couplé à Access, facturé 14 500 euros sur quatre mois. Résultat : un système fragile, dépendant d’une seule version d’Office, que plus personne en interne ne pouvait modifier sans faire appel à l’agence — qui facturait chaque intervention 90 euros de l’heure minimum. Ici, VBScript a été utilisé pour un besoin qui aurait mérité une vraie application, avec une base de données correcte et une interface pérenne.
La différence entre les deux cas n’est pas la technologie, c’est le périmètre. VBScript convient à des automatisations petites, locales, à faible enjeu. Il ne convient pas à un système métier central dont dépend votre chiffre d’affaires.
Attention à la promesse marketing des « formations rapides » en VBScript
C’est là que je deviens plus dure, parce que j’ai vu trop de dégâts. Plusieurs organismes vendent encore des formations « Automatisez votre bureau en une journée avec VBScript », vendues entre 800 et 1 200 euros par participant. La promesse marketing : vos équipes repartent autonomes et capables de tout scripter elles-mêmes. La réalité du terrain, observée chez au moins six clients : les participants repartent avec des notions de syntaxe, mais sans la rigueur de gestion des erreurs, de sécurité, ni de documentation — et six mois plus tard, personne ne sait plus ce que fait le script qu’ils ont écrit pendant la formation.
Attention à un point technique précis et sérieux : VBScript est un vecteur historique très utilisé pour les malwares et les ransomwares, notamment via les pièces jointes Outlook (fichiers .vbs déguisés en documents). Si vous autorisez encore l’exécution de scripts VBS sur les postes de vos salariés sans politique de restriction claire, vous ouvrez une porte que la plupart des attaques automatisées scannent en priorité. Un audit que j’ai mené chez un client de douze postes a montré que huit d’entre eux acceptaient encore l’exécution de fichiers .vbs sans aucun avertissement de sécurité. Corriger cela a pris quarante minutes avec le service informatique externalisé — quarante minutes, pas des mois, et ça aurait pu éviter un incident.
Est-ce que votre PME sait aujourd’hui combien de scripts VBS tournent en silence sur vos postes de travail, et qui les a écrits ?
Alternatives concrètes et ce qu’il faut réellement faire
Si vous démarrez un projet d’automatisation en 2026, je ne recommande pas VBScript comme point de départ. PowerShell, déjà installé sur tous les postes Windows récents, fait tout ce que fait VBScript en mieux sécurisé et mieux documenté par Microsoft lui-même. Pour des automatisations liées à des fichiers Excel ou Outlook spécifiquement, les macros VBA restent souvent plus adaptées et mieux maîtrisées par les équipes bureautiques existantes. Et pour des besoins plus larges — connexion à des services web, traitement de données volumineux — un outil comme Power Automate, déjà inclus dans certaines licences Microsoft 365, évite de réinventer un script fragile.
Ce que je ne vous dirai jamais, c’est que ces alternatives sont « simples » et prennent « une heure » à maîtriser. PowerShell a sa propre courbe d’apprentissage, et Power Automate a ses propres limites de licence et de quotas qu’il faut vérifier avant de s’engager.
Mon conseil, concret et applicable dès demain : faites l’inventaire de tous les fichiers .vbs actifs sur vos postes et serveurs — une simple recherche par extension dans l’explorateur de fichiers Windows suffit pour démarrer. Pour chaque script trouvé, notez qui l’a écrit, ce qu’il fait, et depuis quand personne n’y a touché. Si vous ne pouvez répondre à aucune de ces trois questions pour un script qui tourne encore, c’est un risque non documenté qui dort dans votre système — et c’est exactement ce genre de dette invisible qui a coûté cher aux deux entreprises citées plus haut. Je sais que ce n’est pas glamour comme conseil, mais c’est ce qui évite les mauvaises surprises un lundi matin.